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Découvrir Egreville

Historique

1) INTRODUCTION

L'histoire locale de notre région s'avère très riche, la civilisation s'y manifestant très tôt, dès l'âge paléolithique.

Les vestiges de notre préhistoire en témoignent, nombre de collections de particuliers se retrouvent maintenant exposées au Musée de la Préhistoire de Nemours.

Notre village s'est structuré autour de l'industrie du fer à l'époque mérovingienne, mais l'époque la plus remarquable débute avec le règne des capétiens.
Situé à la confluence des seigneuries de Château-Landon (d'où sont issus les Plantagenêt, futurs rois d'Angleterre), de Lorrez-le-Bocage et de l'abbaye monacale de Ferrières (datant du VIe siècle), Egreville devint un lieu de passage, d'échanges et bénéficia d'une relative protection. Les premiers seigneurs d'Egreville seront d'ailleurs issus, au XIe siècle, des comtes de Gâtinais, installés à Château-Landon, tenaces adversaires des capétiens
Devenu carrefour commercial, de surcroît bien fortifiée, elle connut un commerce florissant. Ses marchés et foires jouissaient d'une grande renommée. Ainsi le patrimoine actuel témoigne de ce passé.

2) Origine du Bourg et de son nom

Le nom de notre village remonterait aux mérovingiens.
Nous trouvons " Acrivilla " en 1164 ; ce nom signifierait en bas latin " les ateliers ", ce qui n'est pas impossible, puisque nous avons déjà suggéré la présence de l'industrie du fer. D'ailleurs le nom de " Crimeau ", hameau jouxtant le bourg est sans doute de la même origine, anciennement " Ecrignot ".
Le bourg, au bas Moyen-Âge (les années 400) se serait déjà développé au Crimeau.
A partir de 1085, le bourg s'accroît autour de sa chapelle de fief dite de Saint-Martin, car les pèlerins qui se dirigeaient vers Compostelle s'écartaient des grandes voies pour trouver gîte, couvert et commerces à Egreville.
Egreville se trouve en effet à proximité de la grande voie romaine dite " Chemin de César " qui reliait Sens à Orléans.
Le fief pendra de l'importance avec un premier château fort en dur vers l'an 1100. Il passe alors dans le patrimoine de Garmond 1er du Donjon, gouverneur de Château-Landon et premier seigneur d'Egreville.
Au XII et XIIIe siècles, Egreville se structura. Sous Saint-Louis, la ville fut fortifiée avec quatre portes d'accès : Saint-Martin (au Sud), Notre-Dame (au Nord), la Poterne (à l'Est) et Le Grand-Marchais (ou de Nemours, à l'Ouest). Il ne subsiste aujourd'hui que le nom des portes et le nom de la rue des fossés qui suit le tracé des anciens murs fortifiés.

3) La Halle

On en dénombre que quelques-unes de cette architecture en France, elle reste l'une des plus remarquables avec celle de Milly-la Forêt.
La construction de la halle qui comptait initialement 8 travées et pas de pignon sud remonterait tout à la fin du XVe siècle. Elle faisait suite à un premier ouvrage détruit par l'incendie du village en 1282. La charpente dont l'embase est en chêne reposait initialement à même le sol qui, par humidité, endommageait le bois.
En 1666, il fallut supprimer une travée pour construire le pignon sud en maçonnerie, installer des renforts obliques transversaux et longitudinaux et faire reposer les 28 pieds sur des socles en pierre (de nouveau remplacés en 1769).

LA HALLE :: Photo de la HALLE

Elle a subi durant l'année 2003 une restauration complète qui permit de rétablir quelques vérités sur sa construction et mettre fin à la légende qui attribuait sa construction à Anne de Pisseleu en1540 avec une charpente en châtaignier expliquant l'absence de toiles d'araignées.
Elle abrite toujours le marché du lundi matin.

 

 

4) Le Château :

Il est classé à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques (I.S.M.H.).
(propriété privée, ne se visite pas)Le château primitif était un château fort achevé vers l'an 1150. Il comportait deux ailes et des fossés secs.
Il fut remanié une première fois après la guerre de cent ans, par Jean VII d'Egreville vers 1455. Sous la renaissance, François 1er offrit le domaine d'Egreville à sa maîtresse Anne de Pisseleu, duchesse d'Etampes. L'aile nord fut alors reconstruite vers 1540 et l'aile sud rasée.
Anne de Pisseleu séjourna très peu sur ses terres d'Egreville qu'elle avait reçues en dot pour faire une maîtresse acceptable pour le roi. On disait d'elle qu 'elle était " la plus belle des savantes et la plus savante des belles ".
Le Maréchal Claude de la Châtre (mort en 1614) époux de Jeanne Chabot, nièce et héritière de la duchesse d'Etampes fit entourer de murs le parc de 2OO arpents et recreuser les fossés secs autour du château pour y créer des jardins. Il aménagea la cour d'honneur avec un accès par le magnifique pont à trois arches. Ainsi s'explique l'aspect du château de style renaissance gardant quelques marques féodales.
Après la révolution un certain Lamy, marchand de biens, fit l'acquisition du château en 1815 et procéda à de nombreuses démolitions, en partie la tour François 1er pour récupérer des matériaux. En 1867, le peinte Berne Bellecour acheta le château à l'état de ruines, le restaura et y donna de grandes réceptions.
Il peignait surtout des scènes militaires et il reçut l'Etat Major des grandes man?uvres de 1877. Massenet acheta le château en 1899 et le restaura de nouveau. Il racheta une grande partie du parc et de ses dépendances. Le parc de 100 ha, était entièrement ceinturé d'un mur, hélas, aujourd'hui disparu.
Jules Massenet décéda en 1912. Madame Massenet, en 1933, procéda à un agrandissement de l'aile nord, sous l'égide des beaux-arts et dans le respect du style original. Elle modernisa cette partie du château, y faisant installer l'électricité, l'eau courante et tout le confort pour pouvoir s'y retirer complètement. La dernière héritière de la famille Massenet se sépara du château à l'aube du XXIe siècle. Selon ses v?ux, Massenet repose au cimetière d'Egreville, dans l'angle sud-est.

 

5) Les Champarts et la Recette :

Ce nom découle de celui d?un impôt en nature qui y était entreposé sous l?Ancien Régime. Cet édifice constituait les anciens communs du château. La partie principale date du XV ème siècle. La charpente supportant le toit est en forme de carène de vaisseau et est exceptionnelle : c?était la « Recette » qui possède toujours de magnifiques silos à grains.

A coté, se trouvait une grange dont ne subsistent que les anciens murs fortifiés visibles de l?extérieur. Cette grange fut supprimée en 1900 car il était très difficile de la restaurer.
La « Recette » fut habitée par Juliette Massenet, la fille du compositeur, et fut un temps improprement appelée « la Dîme ». En fait, la Dîme se trouvait en face l?ancien presbytère.

 

6) L'Eglise :

Dom Morin, grand prieur de Ferrières et historien du Gâtinais, fait de Jean II d'Egreville le fondateur de la première Eglise Saint-Martin qu'il fait construire à partir de la chapelle de Fief en même temps qu'il rebâtit la ville ravagée par un terrible incendie en 1282.
Cette première église ne reliait pas la Chapelle de Fief à la grosse tour carrée (qui abrite aujourd'hui le porche) et qui conserve son caractère du XIIIe. Cette grosse tour devait alors servir de beffroi, elle est classée Monument Historique. Cet édifice supporte une imposante cloche " Marie-Martine " d'environ 800 kg.
Peu pratique, quelque peu atteinte pendant la guerre de cent ans, peu favorable à larestauration, l'église fut reconstruite sous Louis XI et consacrée le 12 février 1483.
A partir de l'église primitive on y ajouta les bas cotés, c'est ce qui explique la dissymétrie de l'architecture où l'on retrouve de l'Art roman.
La construction de la flèche fut longtemps attribuée à Anne de Pisseleu, duchesse d'Etampes (XVIe). En réalité, elle date de 1687, ce que révélèrent les travaux importants de consolidation de l'assise de cette flèche effectués en 1999. Pendant la révolution, diverses profanations touchèrent l'église et la crypte. Curieusement, c'est un vicaire de la paroisse, DU FEU, qui prit la direction du village, devenant ensuite le premier officier public à Egreville (équivalent à de la fonction de maire). Le mausolée du maréchal de La Châtre fût détruit (côté sacristie). Quelques pierres tombales furent sauvées et exposées dans l'église. L'une d'elles en marbre noir, celle d'Aymond d'Egreville et de son épouse est classée par les Beaux-Arts et supporte un petit autel au fond de l'église. L'église fut ensuite restaurée en 1821.
Les derniers aménagements dates des années soixante, dans l'esprit de modernisation de l'époque. Le maître-autel fut démantelé ainsi que les grilles qui l'entouraient, la grande chaire, les lustres et un retable de la chapelle de la Vierge.

 

Cette page a été réalisée avec le concours de l'association d'Histoire Locale d'Egreville.

L'association d'Histoire Locale (Président Jean-Pierre HERAULT), se réunit une fois par mois, le lundi soir, à la Salle des Associations.
Si vous êtes intéressés par notre histoire, venez nous rejoindre ou prenez contact auprès de la Mairie